Introduction

Des facteurs de risque reconnus

L’ÂGE
Rare avant 45 ans, sa fréquence augmente régulièrement avec l’âge.4

L’ORIGINE ETHNIQUE
Le nombre de cas est 2 fois plus élevé aux Antilles françaises qu’en métropole.2

L’ALIMENTATION
Une consommation insuffisante en fruits et légumes, associée à une consommation trop élevée de graisses notamment issues de viande rouge.4

LES FACTEURS GÉNÉTIQUES
5% des cas diagnostiqués en France seraient d’origine héréditaire. Gènes principalement impliqués : BRCA2, BRCA1 et HOXB13.4

LES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
Les cancers de la prostate induits par une exposition aux pesticides dont le chlordécone sont reconnus comme maladie professionnelle par l’Assurance maladie depuis 2021.4
Classification et scores pronostiques
Les classifications et scores pronostiques orientent la décision thérapeutique et permettent une communication commune entre spécialistes.

La classification TNM
pour définir le stade du cancer de prostate
La classification dite « TNM » (T : tumeur primitive ; N : ganglions régionaux ; M : métastases) prend en compte :5
- les aspects de la tumeur de la prostate,
- la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions,
- l’existence éventuelle de métastases.
En fonction du résultat, le cancer de la prostate est dit :5
1 – Localisé, lorsqu’il est limité à la prostate
2 – Localement avancé, lorsqu’il déborde la prostate mais sans atteinte des ganglions, ni métastases
3 – Avec atteinte ganglionnaire pelvienne, lorsque les ganglions du bassin sont touchés
4 – Métastatique

Tableau de correspondance des scores de Gleason et ISUP pour un cancer de la prostate6
Le score de Gleason
pour préciser l’avancée de la maladie
Ce score est calculé à partir de l’analyse de la biopsie et des examens d’imagerie.4
Il est progressivement remplacé par le score ISUP (International Society of Urological Pathology) allant de 1 à 5. Plus l’indice est bas, moins la tumeur est agressive.2,4
La classification de D’Amico
pour déterminer le risque tumoral des stades localisés en combinant les résultats du score de Gleason, du stade clinique et du dosage du PSA. Trois niveaux de risque sont ainsi définis :2
- les tumeurs de bas risque,
- les tumeurs de risque intermédiaire,
- les tumeurs à haut risque.
Cette classification de risque est la plus connue et la plus utilisée.2
Le score CAPRA
(Cancer of the Prostate Risk Assessment) pour prédire le risque de récidive après traitement, de développement de métastases et de mortalité spécifique2
Ce score est basé sur l’âge, la valeur du PSA, le stade de la tumeur au toucher rectal, le score de Gleason, et le pourcentage de biopsies positives. Chacun de ces paramètres est associé à un score dont la somme est comprise entre 0 et 10. Pour un score total :
- entre 0 et 2 : risque faible
- entre 3 et 5 : un risque intermédiaire
- supérieur ou égal à 6 : un risque élevé
Ses performances prédictives semblent supérieures à celles de la classification de D’Amico.2
Le score STAR-CAP
pour prédire le risque de mortalité spécifique par cancer de la prostate2
Ce score est basé sur l’âge, la valeur du PSA, le stade de la tumeur au toucher rectal, la présence de ganglions, le score de Gleason et le pourcentage de biopsies positives. Chacun de ces paramètres est associé à une valeur allant de 0 à 8, dont la somme comprise entre 0 et 27 correspond au score total réparti en 9 catégories
Ses performances prédictives semblent supérieures à celles du score CAPRA.
Le score PI-RADS
(Prostate Imaging Reporting and Data System) doit être intégré au compte-rendu de l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique).2
Ce score se base sur la description de chacune des zones suspectes identifiées, comprenant la dimension ou le volume et la localisation.2
Focus sur les cancers hormonosensibles
Les androgènes, comme la testostérone, favorisent le développement des cellules du cancer de la prostate. C’est pourquoi l’administration d’une hormonothérapie permettant de réduire la quantité ou empêchant les androgènes d’être utilisés est le pilier de la prise en charge avancée du cancer de la prostate.7,8

80 ans d’hormonothérapie !
Les traitements visant à supprimer la testostérone se sont étendus au-delà de la castration chirurgicale et des œstrogènes pour inclure les antiandrogènes stéroïdiens et non stéroïdiens, les agonistes de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) et, plus récemment, les antagonistes de la GnRH.8
Le développement de l’arsenal thérapeutique a commencé il y a plus de 80 ans.9

L’hormonothérapie
L’hormonothérapie tend à abaisser au maximum le taux de testostérone et/ou à la bloquer en agissant directement sur ses différentes voies d’action ou de production. Ce sont des analogues ou des antagonistes de la LH-RH.4
Elle est prescrite chez les patients souffrant de cancers de la prostate, seule ou en association avec un autre traitement comme la radiothérapie.4
Suivi des patients sous hormonothérapie
Tout au long du suivi, les risques inhérents à l’hormonothérapie doivent être pris en considération via leur évaluation et une prise en charge pluridisciplinaire.

Une des principales causes de mortalité : les maladies cardiovasculaires14
27 à 34 % des décès, tous stades confondus, sont attribuables à des causes cardiovasculaires.14
Les patients atteints d’un cancer de la prostate présentent souvent des facteurs de risque cardiovasculaire au moment du diagnostic. L’hormonothérapie, et plus particulièrement les agonistes de la GnRH, sont associés à un risque d’événements cardiovasculaires chez les patients atteints d’un cancer de la prostate par rapport aux patients sans cancer de la prostate et par rapport aux patients ne recevant pas d’hormonothérapie.15,16
L’Association Européenne d’Urologie (EAU) suggère d’effectuer une consultation de cardiologie chez les hommes ayant des antécédents de maladie cardiovasculaire et ceux âgés de plus de 65 ans avant l’initiation de l’hormonothérapie.17

Une diminution de la densité minérale osseuse (DMO) dès la première année18,19
Une perte de 5 à 10 % de la DMO par rapport à la valeur initiale est observée au cours de la première année suivant le début de l’hormonothérapie pour le cancer de la prostate, soit une perte supérieure à la perte osseuse normale liée à l’âge de 0,5 à 1,0 % par an.18,19
Selon les recommandations établies par un consensus d’experts, pour tous les hommes atteints d’un cancer de la prostate qui commencent ou poursuivent une hormonothérapie au long cours :18
- Des conseils personnalisés concernant leur mode de vie et leur santé osseuse doivent être donnés.
- Une supplémentation en calcium/vitamine D doit être proposée si nécessaire.
- Le risque de fracture doit être calculé à l’aide de FRAX®, avec une mesure de la densité minérale osseuse (DMO) incluse lorsque cela est possible.
- La DMO doit toujours être évaluée lorsque le risque de fracture, calculé à l’aide de FRAX®, seul est proche du seuil d’intervention.
- Une prise en charge osseuse doit être proposée si les seuils définis par les recommandations le justifient.
- Les patients nécessitant un traitement de protection osseuse doivent faire l’objet d’une évaluation plus approfondie, avec orientation vers des centres spécialisés, si disponibles, et se voir proposer un traitement approprié pour réduire le risque de fracture.
- Les patients proches d’un seuil d’intervention, mais en dessous, et les patients sous traitements systémiques, doivent de nouveau bénéficier d’un calcul FRAX®, incluant la DMO, après 12 à 18 mois.
Évaluation du risque de fracture chez les patients atteints d’un cancer de la prostate18
L’outil d’évaluation FRAX® donne la probabilité sur 10 ans d’une fracture de la hanche et la probabilité sur 10 ans d’une fracture ostéoporotique majeure (soit une fracture clinique de la colonne vertébrale, de l’avant-bras, de la hanche ou de l’épaule).20
Cliquez pour accéder au calculateur FRAX® : https://www.fraxplus.org/fr/calculation-tool
Prise en charge de la qualité de vie
La survie prolongée des patients atteints d’un cancer de la prostate fait de la qualité de vie un élément central de leur prise en charge.2 En effet, le succès thérapeutique se mesure également en confort et en bien-être.

La fatigue
La fatigue est un effet secondaire courant chez les patients atteints d’un cancer de la prostate qui suivent une hormonothérapie. Jusqu’à 43 % des patients déclarent ressentir une fatigue cliniquement significative.21
Pour gérer leur fatigue, vous pouvez conseiller à vos patients d’utiliser « Les cinq P ». Cette méthode permet de les aider à tirer le meilleur parti de l’énergie dont ils disposent.22

Les troubles sexuels
Une dysfonction érectile et une perte de libido se retrouvent chez de nombreux patients. C’est pourquoi, il est nécessaire d’en discuter avec eux avant la mise sous traitement et ainsi anticiper les retentissements psychologiques et le fait de prévenir leur partenaire.
Une prise en charge médicamenteuse peut être proposée dans une majorité de cas pour améliorer ou faire disparaître les symptômes et selon les attentes du patient. De plus, un accompagnement psychologique et/ou à une consultation spécialisée auprès d’un sexologue peuvent être proposés au patient.4

Les troubles musculaires
Les troubles musculaires dans le cancer de la prostate sont généralement secondaires aux traitements. Une réduction de la masse musculaire, et donc de la force physique, peuvent être observés.4,7 Des symptômes qui peuvent rendre plus difficile la réalisation des activités du quotidien et diminuer la qualité de vie globale.

Les troubles métaboliques
Une hausse de la masse grasse et des anomalies du métabolisme (résistance à l’insuline, hausse des triglycérides, dyslipidémie) est provoquée par l’hormonothérapie. Ces effets sont d’autant plus préoccupants que les hommes de plus de 60 ans présentent déjà souvent ces facteurs de risque métabolique. Une combinaison qui multiplie le risque de diabète et de complications cardiovasculaires.
Plus de la moitié des patients sous hormonothérapie prolongée développe un syndrome métabolique.17
Références :
- INCa. Panorama des cancers en France 2025. Edition spéciale 20 ans.
- AFU. Recommandations françaises du comité de cancérologie de l’AFU – Actualisation 2024–2026 : Cancer de la prostate – Diagnostic et prise en charge de la maladie localisée. Progrès FMC.2024;7:34.
- Thurin N, et al. Epidemiology of metastatic castration-resistant prostate cancer: A first estimate of incidence and prevalence using the French nationwide healthcare database. Cancer Epidemiology. 2020;69:101833.
- Fondation ARC pour la recherche sur le cancer. Collection Comprendre et Agir. Les cancers de la prostate. Mai 2024. Sur : https://www.fondation-arc.org/wp-content/uploads/2025/04/brochure_cancer_prostate.pdf (consulté le 16 octobre 2025)
- Vidal. Cancer de la prostate. Sur : https://www.vidal.fr/maladies/cancers/cancer-prostate/symptomes.html (consulté le 16 octobre 2025)
- ANAMACaP. Classification et agressivité : connaitre le profil de ma tumeur. Sur : https://anamacap.fr/cancer-prostate/classification-agressivite-connaitre-le-profil-de-ma-tumeur/ (consulté le 16 octobre 2025)
- SCC. Hormonothérapie du cancer de la prostate. Dernière révision médicale : février 2021. Sur : https://cancer.ca/fr/cancer-information/cancer-types/prostate/treatment/hormone-therapy (consulté le 16 octobre 2025)
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- Lehtonen M, Kellokumpu-Lehtinen PL. The past and present of prostate cancer and its treatment and diagnostics: A historical review. SAGE Ouvert Med. 2023;11:20503121231216837
- Drudge-Coates L. GnRH blockers: A changing paradigm in the management of prostate cancer. Int J Urol Nurs. 2010;3(3):85–92
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- FRAX® . Disponible sur : https://www.fraxplus.org/ (consulté le 16 octobre 2025)
- Nelson AM, et al. Characteristics and Predictors of Fatigue Among Men Receiving Androgen Deprivation Therapy for Prostate Cancer: A Controlled Comparison. Support Care Cancer. 2016;24(10):4159–4166
- Marie Curie. Gérer la fatigue. Guide pour optimiser votre énergie. 2022, Édition 4. Sur : https://www.mariecurie.org.uk/globalassets/media/documents/how-we-can-help/booklets-pdfs-only/managing-fatigue.pdf (consulté le 16 octobre 2025)


